1 avril 2015,
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Les douleurs qui touchent nos membres inférieurs peuvent être dues à un grand nombre de causes. Ainsi, nous n’allons pas établir une liste exhaustive de toutes les raisons pour lesquelles nous avons mal aux membres inférieurs. En revanche, nous vous présenterons certains de ces problèmes, sachant que le mieux est toujours de venir consulter dès que vous sentez que quelque chose va de travers.

À quelles causes peut-on attribuer les douleurs ressenties dans les jambes?

Parmi les questions les plus fréquemment posées lors de la consultation, vous serez amené à déterminer si la douleur concerne une seule cuisse ou les deux. Également, il vous faudra probablement vous souvenir si elle a été suscitée ou non par un effort physique.

Le cas échéant, s’arrête-t-elle quand l’effort en question est arrêté? En outre, vous aurez également à fournir des renseignements quant à la durée de la douleur que vous ressentez. C’est détails sont important parce qu’ils vont contribuer à orienter le diagnostic.

Une névralgie sciatique

À l’arrière de chacune des jambes, le nerf sciatique est le nerf le plus long et le plus volumineux de l’organisme, innervant une partie importante du membre inférieur dont notamment la fesse, la cuisse, la jambe et le pied.

Communément appelée sciatique, la névralgie sciatique est une douleur aigüe qui témoigne généralement de la compression du nerf au niveau de sa racine nerveuse. La compression peut être de nature osseuse, suite par exemple à de l’arthrose, à une dysfonction vertébrale, à une lésion tumorale ou être due à un processus inflammatoire. D’une  manière générale, la névralgie sciatique est en relation avec un problème de hernie discale. Aussi, la douleur peut envahir la région lombaire (zone6 dans figure 1), on lui donne le nom de lombosciatalgie.

Névralgie Crurale ou Cruralgie

*Fig.1, elle compare la zone sciatique(6) à la zone crurale(5).

L’itinéraire de la douleur

La douleur suit logiquement le trajet du nerf sciatique, donc principalement les zones qui sont innervées par ce nerf. C’est ainsi que la douleur peut être ressentie au niveau de la fesse parfois à l’arrière de la cuisse et de la jambe, elle peut même s’étendre jusqu’au pied. Intense, la douleur ressentie peut même être associée à une quasi paralysie du membre touché.

Dans la plupart des cas, un patient souffrant de névralgie sciatique ressent la douleur d’un seul côté du corps (Figure 1). Même s’il est plus rare d’être touché au niveau des deux nerfs en même temps, il est possible que cette éventualité se présente. Par ailleurs, un sujet peut également souffrir de névralgie sciatique d’un côté puis de l’autre en alternance.

Les problèmes musculaires

Différents problèmes musculaires peuvent toucher la cuisse dont notamment une élongation, un claquage, une contracture ou encore une déchirure et ces problèmes peuvent provoquer des douleurs au niveau de cette partie du membre inférieur.

D’origine musculaire, ces problèmes sont différents les uns des autres. Ainsi, l’élongation consiste en un allongement traumatique du muscle durant l’effort, pendant notamment la pratique d’un exercice ou d’une activité physique intense.

Dans le cas d’une élongation, il y a atteinte du tissu conjonctif entourant le muscle. Néanmoins, l’étendue des dégâts n’est pas très importante. Une personne souffrant d’une élongation ressent de la douleur lorsque le muscle en question est contracté, étiré ou même palpé (Figure 2).

Jambe-élongation

Fig.2 Élongation lors de sprints.

Il est à noter que cette douleur n’est pas très importante, le sujet a l’impression que son muscle est étiré. En cas d’élongation, il n’est pas obligatoire de cesser l’effort mais plutôt de limiter celui-ci.

Les muscles les plus touchés par l’élongation sont ceux situés à l’arrière de la cuisse, les ischio-jambiers. Si lors de l’élongation, le muscle a surpassé ses possibilités d’étirement, c’est plutôt le contraire en ce qui concerne la contracture.

Lors d’une contracture, les fibres musculaires du muscle ou un groupe de muscles se contractent involontairement. Cette contraction musculaire involontaire fait que le muscle, après un exercice, ne retrouve plus sa longueur initiale. Ainsi, le sujet en éprouve de la douleur et une limitation de la mobilité.

Même si cette douleur n’est pas très importante au premier abord, elle s’accroit progressivement surtout s’il n’y a pas interruption de l’effort ou de l’activité physique. En effet, la contracture est due à une activité musculaire anormale ou excessive.

N’entrainant pas de dommage ou de lésion anatomique, la contracture peut être confondue par certains avec une crampe. Néanmoins, elle dure plus longtemps que cette dernière et peut même être le résultat d’une crampe persistante. Si la contracture peut avoir lieu pendant l’effort ou lors d’entrainement, elle survient plus souvent en post effort soit, une heure ou deux ou le lendemain de l’effort.

De même que l’élongation, le claquage est également un allongement traumatique du muscle. Cependant, celui-ci est plus grave et entraine une lésion au niveau d’un grand nombre de fibres musculaires, généralement au niveau de la jonction entre le muscle et le tendon ou du corps du muscle.

Entrainant des dégâts anatomiques, le claquage est d’apparition brutale, souvent en plein effort et contraint à interrompre immédiatement l’activité qui l’a déclenchée.  Il faut, en effet, comprendre que le claquage fait suite à la sollicitation du muscle au-delà de sa limite d’étirement ou de puissantes contractions.

Si ce problème musculaire est surtout d’apparition brutale, il est également possible qu’il ait lieu en deux temps,  en premier lieu, le sujet fait l’objet d’une élongation mais n’arrête pas son effort ce qui provoque, dans un deuxième temps, l’apparition du claquage.

Jambe-contracture-2

*Fig.3 Progression des lésions musculaires. A noter que le phénomène est similaire entre les vertèbres.

Assez similaire au claquage, la déchirure se distingue néanmoins de celui-ci par le fait qu’une portion du muscle est déchirée (Figure 3). Une autre forme encore plus grave consiste en la rupture musculaire lors de laquelle c’est tout un faisceau ou même tout le muscle qui est rompu.

La déchirure et la rupture musculaire font suite à un dépassement des limites physiologiques du muscle, celui-ci peut notamment être dû à un geste incorrect ou lors d’un départ canon dans une course (sprint).

Pouvant être comparée à un coup de poignard, la douleur est d’apparition soudaine, elle entraine l’arrêt de l’activité étant donné que le sujet n’est plus en mesure de bouger. Par la suite, on note l’apparition d’un hématome, suivie de celle d’un œdème de la zone concernée.  Il s’agit d’une urgence médicale afin de rattacher les tendons.

Le syndrome des loges

Syndrôme des loges-1

*Fig.4 Mécanismes lésionnels.

Les loges sont des compartiments cloisonnés par des parois ostéo aponévrotiques ou fibreuses inextensibles.  On en compte 4 dans la jambe et 3 dans l’avant-bras.  Il s’agit d’une pathologie qui est due à un traumatisme musculaire ou à la suite d’un intense effort physique. En effet, l’activité musculaire provoque la formation d’un infiltrat hémorragique / hématome compressif  musculaire qui entraîne une augmentation de volume à l’intérieur du compartiment et un afflux sanguin dans les vaisseaux. Le muscle augmente en volume et cause une compression ischémique sur les vaisseaux et les nerfs de façon temporaire (Figure 4).

Ainsi, le muscle se retrouve à l’étroit et dans l’incapacité d’évacuer le sang appauvri en oxygène, la présence de l’hématome musculaire entraîne une interruption de la circulation artérielle et de la conduction nerveuse.  Le syndrome des loges peut être aigüe auquel cas c’est une urgence de décompression chirurgicale ou chronique.  La forme chronique est un syndrome d’effort chez le jeune sportif très musclé, la douleur est le symptôme majeur qui ressemble à la claudication intermittente avec nécessité d’interrompre l’effort.

Les symptômes du syndrome des loges

Syndrôme des loges-S&S

Fig.5 Signes et symptômes du syndrome.

Pouvant entrainer la rétraction des muscles et leur destruction irréversible, le syndrome des loges se manifeste notamment par une douleur plus ou moins violente au niveau de la loge concernée qui contient les muscles et l’aponévrose qui l’entoure (Figure 5).

Cette douleur ne disparait pas ou est faiblement atténuée à la prise d’analgésiques, elle a tendance à augmenter quand le muscle fait l’objet d’un mouvement ou d’un étirement passif. Ainsi, le sujet est victime d’une limitation de ses mouvements.

Outre la douleur, on note des enflures et une sensation de pression au niveau de la loge musculaire. Également, en cas de syndrome des loges, la musculature est durcie et devient douloureuse quand on exerce une pression dessus. Par ailleurs, le patient peut souffrir de troubles sensoriels comme des sensations d’engourdissement et des fourmillements.

La fracture de stress ou de fatigue

Il s’agit d’une fracture incomplète des os, survenant principalement au niveau des membres inférieurs, étant donné que c’est sur eux que le poids du corps repose le plus. Il s’agit d’une fissure osseuse microscopique qui fait suite à une situation de stress récurrent ou exceptionnel.

Si elle touche principalement les sportifs, d’autres personnes sont également à risque. Pour en revenir aux sportifs, le risque est d’autant plus accru si ceux-ci ne prennent pas soin de leurs os entre les entrainements.

Fracture stress-pied

Fig.6 Fractures de stress

Par ailleurs, il convient de noter qu’une personne ayant déjà été victime de fracture de stress est encore plus susceptible d’en souffrir à nouveau. Également, les femmes arrivées à la ménopause peuvent souffrir de fracture de stress étant donné que les hormones sexuelles sont affaiblies et que cette situation tend à fragiliser les os étant donné que celles-ci contribuent à la construction osseuse (Figure 6).

En outre, cet affaiblissement des hormones sexuelles se retrouve également chez les personnes qui font l’objet d’un surmenage sportif, qu’il s’agisse d’hommes ou de femmes.

Les symptômes d’une fracture de stress

Les principaux symptômes comprennent de la douleur et de la sensibilité, généralement à une zone précise de l’os en question, surtout en situation de mise en charge. Également, il est possible de noter la présence d’un œdème tandis que le sujet ne peut pas expliquer l’apparition de tous ces symptômes par la survenue d’un traumatisme spécifique.

En cas de fracture de stress, la douleur peut être considérable au début d’un effort pour s’amoindrir vers le milieu de celui-ci avant de s’intensifier à la fin de l’effort et après celui-ci. Par la suite, elle peut disparaitre mais le contraire peut également advenir si le sujet reprend l’activité suscitant l’effort.

Une phlébite, définition

Une phlébite c’est l’inflammation d’une veine due à un caillot sanguin, au niveau du membre inférieur, celle-ci peut toucher tout aussi bien la jambe que la cuisse. Dans le premier cas, le siège de la douleur se trouve plutôt au mollet. La phlébite est une maladie cardiovasculaire qui s’explique par une restriction partielle ou complète de la circulation sanguine occasionnée par la présence d’un caillot de sang dans une veine.

Lorsque le caillot de sang s’est formé dans une veine de surface, on parle de phlébite superficielle. Généralement bénigne, elle est surtout traitée grâce à la prise en charge locale de l’inflammation. En revanche, on parle de phlébite profonde quand la formation de caillot sanguin a lieu dans les veines plus profondes du membre inférieur.

Phlébite superficielle et phlébite profonde

Phlébite-jambe-1

Fig.7 Phlébite superficielle.

La phlébite superficielle se manifeste par la présence, le long d’une veine, d’une zone rouge, longue et mince. Dur au toucher, ce cordon inflammatoire, peut être chaud, douloureux, ou sensible (Figure 7), il apparait en dessous de la peau. On peut également noter la présence d’un œdème local.

Si la phlébite superficielle ne se solde généralement pas par des complications, la phlébite profonde est plus sérieuse,  elle peut mener  à une embolie pulmonaire appelée thrombose si le caillot se détache partiellement ou entièrement de la paroi veineuse pour migrer jusqu’au cœur avant d’obstruer l’artère pulmonaire. C’est alors une thrombophlébite et une urgence médicale.

Des signes qui ne trompent pas

Si la phlébite peut être asymptomatique, certains signes doivent être pris très au sérieux dont :

  • Une douleur sourde ou même un engourdissement ou des crampes;
  • Une sensation de chaleur;
  • Un œdème ainsi que l’aspect brillant et dur de la peau et la coloration blanche ou bleuâtre de celle-ci. Il est à noter que l’œdème peut survenir également au niveau du mollet, de la cheville ou même de la cuisse ou de la jambe entière.

Outre ces signes, on peut noter une légère fièvre (38°C) suite à l’inflammation locale de la veine tandis que les symptômes peuvent s’aggraver quand la personne lève la pointe de son pied vers le haut, ce qu’on appelle signe de Homans.

Les facteurs de risque

Bien que les causes exactes de la phlébite n’aient encore pas pu être identifiées, on peut noter plusieurs facteurs de risques importants dont la stase veineuse (le sang ne circule pas de façon fluide) qui peut être due à une immobilisation prolongée, l’insuffisance veineuse, les altérations au niveau de la paroi veineuse ainsi que l’hyper coagulation lorsque la coagulation sanguine se fait trop rapidement.  Aussi, une veine peut être endommagée par un médicament administré par voie intraveineuse ou par un cathéter intraveineux.

En outre, d’autres situations qui peuvent entrainer une altération de la fluidité du sang peuvent être notées comme à risque étant donné qu’elles peuvent favoriser la formation de caillot sanguin. On peut, entre autres, relever le fait d’avoir fait l’objet d’une intervention chirurgicale ou encore le fait d’être enceinte, pour les femmes.

Phlébite-jambe-embolie pulm.

*Fig.8 Phlébite profonde ou thrombophlébite.

Il est important de détecter assez tôt la phlébite, et ce, bien avant la migration partielle ou totale du caillot sanguin et les complications que cela peut entrainer, étant donné que l’évolution de la situation vers une embolie pulmonaire peut engager le pronostic sombre et provoquer une gangrène et même le décès du patient (Figure 8).

La thrombophlébite, le syndrome aigue des loges, les fractures de stress et les tendons musculaires rupturés commandent une prise en charge médicale immédiate.

Quant à la névralgie sciatique, elle répond très bien aux soins chiropratiques.

Images Google

*Cliquez sur la figure pour agrandir l’image.

Dr Louis-Philippe Morin, Chiropraticien

Dr Louis-Philippe Morin, Chiropraticien

Le Dr. Louis-Philippe Morin, Chiro à Québec avec 38 ans d’expériences, offre des soins chiropratiques la clinique chiropratique de Sillery, Ste-foy - Québec. Pour des questions ou un Rendez-vous, vous pouvez le contacter au 418-800-7955.
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